Qui ne s'est pas posé un jour la question sur la signification des données énigmatiques de "Nombre d'Or", "Epacte", "Lettre dominicale", ou encore "Indiction romaine" figurant sur la plupart des calendriers ? Que veulent dire ces termes ? A quoi correspondent ces chiffres ? A quoi servent-ils ?
Tout simplement à déterminer la date de Pâques et des fêtes mobiles dépendantes !
La date de Pâques |
La définition ecclésiastique actuelle de la date de Pâques est celle adoptée en l'an 325 par le concile de Nicée, convoqué par l'empereur romain Constantin : «Pâques est célébré le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 Mars ou immédiatement après».
Le quatorzième jour de la Lune étant le jour de la Pleine
Lune et le 21 mars correspondant à la date de l'équinoxe de printemps (marquant le début
du printemps), cette définition est souvent mal interprétée en laissant supposer
que Pâques est le résultat d'un calcul astronomique basé sur la détermination
de l'équinoxe de printemps et de la première Pleine Lune suivant cet équinoxe. En
réalité, le calcul de la date de Pâques se fait à l'aide d'un calendrier perpétuel
lunaire utilisant une Lune moyenne fictive. La Pleine Lune ecclésiastique peut différer
de la Pleine Lune réelle d'un ou deux jours. L'Église ne tient donc pas compte du mouvement
réel de la Lune mais utilise une Lune fictive mais régulière pour son calcul des
dates de fêtes religieuses mobiles ou comput (du latin computus "compte").
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Eléments du Comput pour l'année : |
Année |
Date de Pâques |
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Nombre d'Or |
Nombre compris entre 1 et 19 qui indique le rang d'une année donnée dans un cycle de 19 ans, au bout duquel les phases de la Lune se reproduisent aux mêmes dates. L'astronome grec Méton aurait découvert en 432 av JC que 19 années valent 235 lunaisons. |
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Indiction romaine |
Indiction romaine (de 1 à 15) : rang de l'année dans un cycle de 15 ans, sans signification astronomique. Cet élément n'est pas utilisé pour le calcul de la date de Pâques. |
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Cycle solaire |
Cycle solaire (de 1 à 28) : rang de l'année dans un cycle de 28 ans, (retour des jours de la semaine aux mêmes dates dans le calendrier julien). Cet élément n'est pas utilisé pour le calcul de la date de Pâques. |
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Ecart julien-grégorien |
Différence de jours entre les deux calendriers : le calendrier grégorien est actuellement en avance de 13 jours sur le calendrier julien. |
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Equation Solaire |
L'épacte grégorienne suit la loi régissant l'épacte julienne à deux corrections près : - à chaque année séculaire non bissextile, il convient de retrancher un jour à l'épacte : c´est l'équation solaire de l'épacte. L'équation solaire vaut 3 pour 2006 et reste la même pour les années 2000 à 2099 - pour compenser l'erreur du cycle de Méton, on corrige l'épacte de +1 à des intervalles conduisant à une correction moyenne de 1 jour en 310 ans, soit sept fois au bout de trois siècles et une fois au bout de quatre : c´est l'équation lunaire de l'épacte, qui a été appliquée en 1800, et le sera en 2100. L'équation lunaire vaut 1 pour 2006 et reste la même pour les années 2000 à 2099. |
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Equation Lunaire |
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Comput Julien |
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Lettre dominicale julienne |
Lettre de l'alphabet, de A à G, affectée à l'année et indiquant le jour de la semaine par lequel celle-ci commence. |
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Epacte Julienne |
Nombre qui indique l'âge de la Lune à la veille du 1er janvier en convenant de désigner par son âge le jour où elle est Nouvelle. Seule la partie entière de la valeur est retenue. L´âge varie ainsi de 0 à 29, la valeur 0 correspondant au jour même de la Nouvelle Lune. Il s'agit ici, non de la Lune elle-même , mais de l'objet fictif défini par le comput. |
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Comput Grégorien |
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Lettre dominicale grégorienne |
Lettre de l'alphabet, de A à G, affectée à l'année et indiquant le jour de la semaine par lequel celle-ci commence. La lettre dominicale est A si le 1er Janvier est un dimanche, B, si c'est un samedi, C si l'année commence un vendredi, D si l'année débute par un jeudi, E si l'année démarre par un mercredi, F si le 1er janvier est un mardi, et G si l'année débute par un lundi. |
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Epacte grégorienne |
Nombre qui indique l'âge de la Lune à la veille du 1er janvier en convenant de désigner par son âge le jour où elle est Nouvelle. Seule la partie entière de la valeur est retenue. L´âge varie ainsi de 0 à 29, la valeur 0 correspondant au jour même de la Nouvelle Lune. Il s'agit ici, non de la Lune elle-même , mais de l'objet fictif défini par le comput. De la valeur de l'épacte on déduit la date de la Pleine Lune. Puis par lettre dominicale, on déduit la date du dimanche suivant : le jour de Pâques. Dans le calendrier grégorien, on utilise des épactes modifiées, pour tenir compte à la fois des années séculaires non bissextiles et de l'erreur propre du cycle de Méton, soit environ un jour tous les 300 ans. Les épactes grégoriennes ne sont donc pas invariablement liées au nombre d'or comme dans le calendrier julien. |
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Le comput julien |
Le comput julien utilise deux éléments, la lettre dominicale et le nombre d'or.
La lettre dominicale (du latin dominicalis, dimin. de dominicus "du Seigneur" [dimanche, du latin dies dominicus "jour du Seigneur"]) indique les dimanches d'une année avec la convention suivante : on désigne, à partir du 1er Janvier, les jours successifs de l'année par A, B, C, D, E, F, G en recommençant la série des 7 lettres lorsqu'elle est épuisée. Les jours de même nom sont donc désignés par la même lettre. Si le 1er janvier est un lundi, A désigne les lundis, B les mardis...G les dimanches : G est alors la lettre dominicale de l'année. Dans les années bissextiles, le 29 Février usurpe la lettre qui devrait revenir au 1er Mars. Il faut donc indiquer pour les 10 derniers mois de l'année une 2ème lettre qui eût été normalement celle de l'année.
Dim |
Lun |
Mar |
Mer |
Jeu |
Ven |
Sam |
A |
B |
C |
D |
E |
F |
G |
B |
C |
D |
E |
F |
G |
A |
C |
D |
E |
F |
G |
A |
B |
D |
E |
F |
G |
A |
B |
C |
E |
F |
G |
A |
B |
C |
D |
F |
G |
A |
B |
C |
D |
E |
G |
A |
B |
C |
D |
E |
F |
Si la lettre dominicale (attribuée aux dimanches) de l'année est E, l'année débute par un mercredi (A).
Si la lettre dominicale de l'année est A, l'année commence par un dimanche.
Le nombre d'or (de valeur 1 à 19) est le rang d'une année dans le cycle de 19 ans ou cycle de Méton. En effet, Méton d'Athènes (470-400 av. J.-C.), astronome grec, a noté, vers l'an 432 av. J.-C., que la durée de 235 lunaisons était quasiment égale à celle de 19 années solaires, ou encore que l'âge de la lune revient aux mêmes dates tous les 19 ans. Autrement dit, un cycle de 19 années juliennes moyennes, ou cycle de Méton, comporte presque exactement 235 lunaisons moyennes.
Le comput grégorien |
Le comput grégorien utilise la lettre dominicale et l'épacte, mais la connaissance du nombre d'or s'avère aussi nécessaire.
Si dans le calendrier julien, le Nombre d'or est suffisant au calcul de la date de pleine lune pascale, dans le calendrier grégorien le calcul est compliqué par sa définition des années bissextiles. Ces années bissextiles altèrent le cycle métonique simple en changeant le nombre de jours dans les périodes différentes de 19 ans.
L'Épacte (du grec epaktai [hêmerai] "[jours] intercalaires") est par définition le nombre de jours qu'il faut ajouter à l'année lunaire pour qu'elle soit égale à l'année solaire.
Le cycle solaire est un élément dont l'emploi est équivalent à celui de la lettre dominicale julienne. Le cycle solaire (1 à 28) est le rang de l'année dans un cycle de 28 ans, temps requis pour le retour des jours de la semaine aux mêmes dates dans le calendrier julien. En pratique, le cycle solaire est intimement lié aux lettres dominicales.
Le cinquième élément, l'indiction romaine (du latin indictio "publier"), n'a aucun rôle dans le comput actuel; il a servi dans une ancienne chronologie chrétienne, fondée sur une division du temps en cycles successifs de 15 ans à partir de l'an 313 de l'ère chrétienne, et dans laquelle il indiquait le rang d'une année dans son cycle.
En annexe : explications des calculs par l'exemple |
Calcul de la date de Pâques, formule due à Albert Troesch |
Exemple pour 2006 |
quotient |
reste |
commentaires |
Diviser le millésime de l’année par 100 et mettre le quotient (s) et le reste (m) de côté |
2006 / 100 = 20 reste 6 |
s = 20 |
m = 6 |
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Diviser le millésime de l’année par 19 et mettre le reste (N) de côté. N + 1 est le nombre d’or de l’année. |
2006 / 19 = 105 reste 11 |
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N = 11 |
11 + 1 = 12 (nombre d’or de l’année 2006) |
Multiplier le millésime de l’année par 5 puis diviser le résultat par 4 et mettre le quotient (g) de côté. |
2006 * 5 = 10 030 10 030 / 4 = 2 507 reste 2 |
g = 2507 |
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Soustraire g de 2 et diviser le résultat par 7 et mettre le reste (Lj) de côté. Lj est la lettre dominicale julienne de l’année. |
2 - 2507 = -2505 -2505 / 7 = -357 reste -6 comme le résultat est négatif, ajouter + 7 -6 + 7 = 1 |
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Lj = 1 |
La lettre dominicale julienne de l’année 2006 est B |
Effectuer l’opération 3 s - 5 et diviser le résultat par 4 et mettre le quotient (r) de côté. r est l’écart entre le calendrier grégorien et le calendrier julien |
(3 * 20) - 5 60 - 5 = 55 / 4 = 13 reste 3 |
r = 13 |
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13 est l’écart entre ces deux calendriers en 2006 |
Effectuer l’opération Lj + r et diviser le résultat par 7 et mettre le reste (Lg) de côté. Lg est la lettre dominicale grégorienne de l’année |
1+ 13 = 14 14 / 7 = 2 reste 0 |
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Lg = 0 |
A est la lettre dominicale grégorienne de l’année 2006 |
Effectuer l’opération 11 N + 8 et diviser le résultat par 30 et mettre le reste (Ej) de côté. Ej est l’épacte julienne de l’année |
(11 * 11) + 8 = 129 129 / 30 = 4 reste 9 |
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Ej = 9 |
L’épacte julienne de l’année 2006 est 9 |
Effectuer l’opération 3 s - 45 et diviser le résultat par 4 et mettre le quotient (ES) de côté. ES est l’équation solaire |
(3 * 20) - 45 = 15 15 / 4 = 3 reste 3 |
ES = 3 |
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L’équation solaire de l’année 2006 est 3 |
Effectuer l’opération 8 s - 112 et diviser le résultat par 25 et mettre le quotient (EL) de côté. EL est l’équation lunaire |
(8 * 20) - 112 = 48 48 / 25 = 1 reste 23 |
EL = 1 |
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L’équation lunaire de l’année 2006 est 1 |
Effectuer l’opération Ej + 23 - ES + EL et diviser le résultat par 30 et mettre le reste (Eg) de côté. Eg est l’épacte grégorienne |
9 + 23 - 3 + 1 = 30 30 / 30 = 1 reste 0 |
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Eg = 0 |
L’épacte grégorienne de l’année 2006 est 0 |
Si Eg = 25 et si N + 1 est supérieur à 11 alors Eg* = 26. Si Eg = 24 alors Eg* = 25. Si Eg est supérieur ou égal à 23 alors Eg* = Eg - 30 Sinon Eg* = Eg |
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Pour 2006, Eg étant égal à 0, Eg* reste égal à 0 car aucune des conditions n'est remplie.
Par exemple, pour 2011 : les résultats précédents indiquent
que Eg = 25 et N= 16 |
Effectuer l’opération Eg* + Lg + 2 et diviser le résultat par 7 et mettre le reste (y) de côté. note : si le résultat est négatif, ajouter + 7 |
Eg* = 0 + 0 + 2 = 2 2 / 7 = 0 reste 2 |
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y = 2 |
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D (jour de Pâques) = 45- Eg* + y Si D = ou < 31 Pâques est le D mars Sinon Pâques est le (D - 31) avril |
45 - 0 + 2 = 47 47 - 31 = 16 |
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Pâques en 2006 tombe le 16 Avril |
Autres données : |
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Diviser le millésime de l’année + 2 par 15 et mettre le reste (Ind) de côté. Ind + 1 est L'Indiction romaine |
Ind = (2006 + 2) / 15 = 133 reste 13 |
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Ind = 13 |
L'Indiction romaine pour 2006 est 14 |
Diviser le millésime de l’année + 8 par 28 et mettre le reste (Sol) de côté. Sol + 1 est le Cycle solaire |
Sol = (2006 + 8) / 28 = 71 reste 26 Cs = 26 + 1 = 27 |
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Sol =26 |
Le Cycle solaire pour 2006 est 27 |
Pour en savoir plus ... |
http://bugle.imcce.fr/fr/ephemerides/astronomie/Promenade/pages4/442.html
http://www.chez.com/cosmos2000/Vendredi13/A5_fr.html
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